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Le tournant de 1941

  • Photo du rédacteur: mpferrucci
    mpferrucci
  • 8 oct. 2021
  • 3 min de lecture

Lueurs d'espoir face au IIIe Reich triomphant

Serge Barcellini


Certaines années ont gardé dans notre Histoire un qualificatif. Il en est ainsi de 1870, « l’année terrible », de 1916, l’année de Verdun ou de 1945, l’année de la Victoire. 1941 est une année sans qualificatif. Elle constitue pourtant un tournant capital dans le déroulement de la Seconde Guerre mondiale.

Si l’on considère cette année sans connaître la suite des événements, elle est une année de désespérance. Été 1941, c’est l’avancée maximum des dictatures et c’est en France la Collaboration à plein régime. C'est aussi, dans les plaines orientales, le début de l'extermination des Juifs. Mais si l’on considère cette année en fonction « de l’après », alors nous découvrons bien des lueurs d’espérance. Avec le débarquement de l'Afrikakorps en Libye en février, l'invasion de l'URSS par le IIIe Reich en juin et l'attaque des États-Unis par le Japon en décembre, la guerre européenne devient mondiale et ne laisse plus guère de chance de victoire aux dictatures.


La victoire des dictatures

- La reprise des conquêtes allemandes

À la fin 1940, après la débâcle française, la majeure partie de l’Europe continentale se trouve occupée par l’Allemagne, ou alliée au IIIe Reich comme la Hongrie, la Roumanie et la Slovaquie. L'URSS de Staline et le IIIe Reich de Hitler s'étant partagés la Pologne, l'Allemagne n'est plus en guerre qu'avec l'Angleterre de Churchill ! Pour beaucoup d'Européens « raisonnables », les jeux sont faits et il est temps de passer à autre chose ! Les Allemands eux-mêmes se prennent à espérer la paix, maintenant que le Führer a réalisé ses buts de guerre.


Mais début 1941, alors que les Italiens échouent à envahir la Grèce, l’Allemagne se voit contrainte d’apporter son aide à son allié péninsulaire. Face à ces préparatifs et au regroupement des troupes allemandes à sa frontière avec la Roumanie, le gouvernement bulgare accepte le passage sur son sol de la Wehrmacht. La Bulgarie devient de facto l’alliée de l’Axe Berlin-Rome.

La Yougoslavie rejoint également l’Axe le 25 mars 1941 mais deux jours plus tard, l'armée renverse son gouvernement avec le soutien des services secrets britanniques.

Le 6 avril 1941, la Wehrmacht se jette alors sur le pays avec ses alliés italiens, roumains et hongrois. La Yougoslavie est occupée en moins de 10 jours cependant que les résistants se replient dans les montagnes. En Croatie, au sein de la fédération yougoslave, un mouvement indépendantiste, les Oustachis, sous la conduite d'Ante Pavlevic, profite de l'occasion pour proclamer une Croatie indépendante le 10 avril 1941 avec la bénédiction de Hitler.


Tranquille de ce côté, Hitler peut dès lors secourir les armées de son allié Mussolini, embourbées à la frontière entre l’Albanie et la Grèce. Le 20 avril 1941, au terme d'une offensive foudroyante, les forces grecques se rendent aux Allemands et ces derniers envahissent la Crète cinq jours plus tard. L’Allemagne exerce dès lors une mainmise totale sur l’Europe continentale.


Parallèlement, les principaux théâtres d’opération se déplacent vers l’Afrique où l’Italie échoue à envahir l’Égypte à partir de sa colonie libyenne. Elle est freinée par les Anglais, assistés d'une poignée de Français Libres, qui occupent à leur tour une partie de la Libye. Mussolini étant là aussi en difficulté, Hitler envoie sur place l'un de ses meilleurs officiers, le général Erwin Rommel, à la tête d'un corps d'armée, l’Afrikakorps.

Le prestigieux héros de la campagne de France débarque à Tripoli le 14 février 1941. À partir d’avril, celui que l’on surnomme dès lors le « Renard du désert » reprend la Cyrénaïque, refoule les forces britanniques vers le Nil et effectue une percée jusqu’à 60 kilomètres d’Alexandrie. À Londres, on s‘inquiète de perdre l’Égypte toute entière.


Le Führer peut dès lors en revenir à son projet le plus cher, l'invasion de l'URSS de son « allié » Staline. Cette opération (nom de code : Barbarossa) est dans les cartons depuis décembre 1940.

Au matin du 22 juin 1941, avec quelque retard, les troupes allemandes pénètrent en Union soviétique. À Londres, Churchill explosa de joie en apprenant la nouvelle : désormais, l'Angleterre ne serait plus seule face au IIIe Reich et qu'importe que son allié obligé fut le terrifiant Staline. C'en était fini de l'« année solitaire » (the lonely year) qui sépare l'armistice franco-allemand (22 juin 1940) de Barbarossa.

L'avancée de la Wehrmacht, pourtant répartie sur un front de 1 500 kilomètres, est foudroyante. Le 8 septembre 1941, commence le siège de Léningrad (actuel Saint-Pétersbourg), avec l’aide des Finlandais, lesquels ont une revanche à prendre sur les Soviétiques. Le 19 septembre, à l'extrémité méridionale du front, c'est Kiev, capitale de l'Ukraine, qui tombe. Début octobre, Moscou elle-même est menacée ! L’Armée rouge alors en grande difficulté va heureusement se trouver un allié dans le rude hiver russe pour freiner puis stopper l’avancée allemande. C'est une réédition de l'invasion de 1812 par Napoléon et la Grande Armée !



 
 
 

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