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CALANQUE D’AURELLE

  • Photo du rédacteur: mpferrucci
    mpferrucci
  • 10 sept. 2021
  • 3 min de lecture

Dernière mise à jour : 13 sept. 2021



En septembre 1939, la Pologne est agressée par l’Allemagne nazie puis par l’URSS de Staline. Elle est vaincue, occupée, pillée.

Un gouvernement en exil, dirigé par le Général SIKORSKI, et suivi par des forces militaires importantes, s’établit d’abord en France puis, après la défaite de juin 1940, à Londres. Les combattants vont s’illustrer pendant tout le conflit aux côtés des armées britanniques.

Dés l’été 1940, afin d’exfiltrer vers le Royaume Uni les soldats polonais très recherchés en France par les Allemands, des réseaux d’entraide et d’action s’organisent, dont le F2. Ses activités de collecte et de transmission de renseignements sont très utiles aux britanniques.

Dans le var, le réseau AZUR (branche du F2) à partir d’un centre clandestin à Toulon (Arsenal) recrute des résistants polonais et français pour une efficacité exemplaire. Ils seront 300 dans les trois départements côtiers. Il s’agit de trouver des personnes sûres et dévoués capables d’avaler rapidement un document compromettant, de cloisonner « les services » afin qu’en cas d’arrestation aucun renseignement essentiel ne soit divulgué, de collecter le maximum d’informations utiles, de sécuriser les transmissions (tout radio étant extrêmement vulnérable). Il n’y eut que 4 fusillés et un suicide après arrestation.

Rappelons que la Pologne, rayée de la carte géopolitique entre la révolution française et 1918 par ses trois occupants (russes, allemands et autrichiens) possédait une tradition, une résistance et une organisation clandestine.

Ici même, en 1941-42 des goélettes (ou felouques) camouflées en bateau de pêche, et à équipage polonais, venaient à peu près une fois par mois depuis Gibraltar. Elles débarquaient de nuit des agents, des armes et des munitions, de l’argent, des postes émetteurs. Repartaient vers Gibraltar avec des personnes à exfiltrer et les précieux renseignements « récoltés » par le réseau et difficiles à obtenir par photos aériennes. Cette activité devient très malaisée sous l’occupation italienne (novembre 1942 à septembre 1943) et impossible à partir de septembre 1943, l’occupant allemand effectuant des patrouilles terrestres et maritimes rendant toute approche vouée à l’échec. Mais le réseau continuait à transmettre les documents par les Pyrénées et l’Espagne et surtout grâce aux postes émetteurs cachés dans l’arrière-pays. C’est ainsi que les alliés purent disposer, jusqu’à début 1944, des activités de la Krieg marine de Toulon, de l’économie, de la composition, des déplacements, des dispositifs, de l’état d’esprit des troupes de la Wehrmacht, des éléments du Sünwau en cours de construction : blockhaus, batterie avec angles de tir, obstacles côtiers, champs de mines terrestres et maritimes. Ce fut essentiel dans la préparation du débarquement du 15 août 1944.


On peut se demander pourquoi la Calanque d’Aurelle fut choisie :

Une réflexion géographique et tactique permet d’avancer les arguments suivants :

1 D’autres calanques (peu nombreuse) étaient utilisées par d’autres réseaux

2 Son emplacement était favorable entre Saint Raphaël et Cannes

3 Le secret des opérations était facilité par sa morphologie, les belles forêts de pins maritimes qui couvraient les pentes, les rares maisons proches, la possibilité de camoufler hommes et matériel dans le tunnel, la route en surplomb permettant les signaux optiques autorisant ou non la mission.

De toute façon, le secret était essentiel, d’où la rareté des archives et l’absence de clichés (…….)

Par ailleurs nous n’oublions pas que lors du débarquement, le Général De Lattre de Tasigny et son état-major dirigent l’important contingent français, se trouvaient sur le BATORY, navire polonais avec un équipage polonais.

(………)

Si les pas s’effacent vite sur le sable et les graviers nous souhaitons confier ces précieux souvenirs historiques aux nombreuses personnes ici présentes, aux somptueux paysages volcaniques qui nous surplombent, sans oublier les vagues, respiration de la mer et du temps.

Jean SARRAMEA

Professeur d’histoire.
















 
 
 

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